“Cela va révolutionner le diagnostic” : contre Alzheimer, ces avancées prometteuses présentées par un neurologue

À l’heure actuelle, on peut lister deux médicaments dont les recherches sont les plus avancés. Il s’agit du lecanemab et du donanemab. “Ils ont montré, pour la première fois, une efficacité dans de grands essais internationaux. Ils ralentissent la progression de la maladie lorsqu’ils sont administrés tôt, chez des patients encore autonomes”. Ces traitements ne guérissent pas la maladie, mais la ralentissent d’environ un tiers. “Concrètement, après 18 mois de traitement, l’évolution correspond à 12 mois de maladie : on ‘gagne’ environ 6 mois”.

En revanche, ces traitements ont des effets secondaires. En effet, “en éliminant les plaques amyloïdes, ils fragilisent parfois les vaisseaux sanguins du cerveau. Cela peut provoquer des œdèmes ou des hémorragies cérébrales, parfois graves, pouvant aller jusqu’au décès”. C’est pourquoi leur utilisation doit être fondée sur une décision médicale partagée : “Les bénéfices et risques doivent être clairement expliqués, et le choix laissé au patient”, ajoute le Dr Thibaud Lebouvier.

Si ces traitements existent déjà aux États-Unis, au Japon, en Allemagne et en Autriche, ils ne sont pas autorisés en France, où leur accès précoce a été refusé. “Cela crée une grande frustration chez les médecins et les patients, car beaucoup sont prêts à accepter les risques pour ralentir leur maladie”, regrette le médecin.