Je suis resté là, assis par terre, la lettre tremblante entre mes mains.
Le monde autour de moi semblait s’être arrêté.
Plus de bruit. Plus de pensées claires.
Juste ces mots.
Ces mots qui brûlaient mes yeux à chaque fois que je les relisais.
“Si tu lis cette lettre, c’est que je n’ai pas pu finir ma phrase… et je sais exactement ce que tu as dû penser. Tu as cru que je voulais te mettre en garde contre ta mère… mais ce n’est pas ça.”
Mon cœur s’est serré violemment.
Pas ça ?
Alors… quoi ?
J’ai continué à lire, presque en apnée.
“Je voulais dire : méfie-toi POUR ta mère… elle n’est pas en sécurité.”
Le silence s’est écrasé sur moi.
Comme un coup.
Comme si tout l’air avait été aspiré hors de la pièce.
Pendant une année entière…
Je l’avais haïe.
Je l’avais regardée comme une ennemie.
Alors qu’en réalité…
Elle était en danger.
Je me suis relevé d’un bond.
Mes jambes tremblaient tellement que j’ai dû m’appuyer contre le mur.
“Elle n’est pas en sécurité…”
Mais de qui ?
De quoi ?
Pourquoi mon père n’avait-il jamais rien dit avant ?
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi trop tard ?
Mes yeux ont replongé dans la lettre, cherchant désespérément des réponses.
“Je n’ai pas voulu t’inquiéter. J’ai cru pouvoir régler ça seul. J’ai eu tort. Si quelque chose m’arrive, il faut que tu comprennes : certaines personnes nous observent depuis longtemps…”
Un frisson m’a traversé.