AVANT DE MOURIR, MON PÈRE MURMURA FAIBLEMENT : « MÉFIE-TOI DE TA MÈRE… ELLE N’EST PAS… » MAIS À CET INSTANT PRÉCIS, MA MÈRE ENTRA DANS LA PIÈCE ET IL RENDIT SON DERNIER SOUFFLE. PENDANT UN AN, J’AI VÉCU DANS LA HAINE À CAUSE DE CETTE PHRASE INACHEVÉE, JUSQU’AU JOUR OÙ J’AI LU SA DERNIÈRE LETTRE… ET COMPRIS QUE CETTE PHRASE INACHEVÉE… ÉTAIT…

Avec un message affiché.

Un seul.

“Il est temps.”

Mon sang s’est glacé.

“Il est temps” ?

C’était quoi ça ?

Une blague ?

Non.

Non, tout sauf une blague.

Mes mains tremblaient tellement que j’ai failli faire tomber le téléphone.

J’ai ouvert les messages.

Numéro inconnu.

Aucun historique.

Juste ça.

“Il est temps.”

Et là… j’ai compris.

Ils ne regardaient pas seulement.

Ils agissaient.

Je me suis souvenu de la lettre.

“Certaines personnes nous observent…”

Depuis combien de temps ?

Et surtout…

Pourquoi ?

Je suis redescendu en courant.

J’ai pris mes clés.

Mon cœur battait tellement fort que j’avais l’impression qu’il allait exploser.

Je ne savais pas où elle était.

Mais je savais une chose :

Je ne pouvais plus rester là.

Pas après ce que je venais de lire.

Dehors, l’air était froid.

Oppressant.

Comme si même la nuit savait quelque chose que j’ignorais encore.

J’ai appelé son téléphone.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.

Rien.

Juste la sonnerie qui résonnait dans le vide.

Puis… un souvenir m’a frappé.

Un endroit.

Un seul.

Là où elle allait quand elle avait besoin de réfléchir.

Quand elle avait peur.

Le vieux banc, près de la rivière.

Je suis monté dans la voiture.

J’ai roulé trop vite.

Je ne voyais presque plus la route.

Juste des lumières floues et mon propre reflet, paniqué, dans le pare-brise.

“Tiens bon… s’il te plaît…”

Quand je suis arrivé, le vent soufflait fort.

Les arbres grinçaient.

Et le banc…

était occupé.